PS : le retour des Guns and Roses ?

10 novembre 2008 par mondissima

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Eh oui, j’ai voté jeudi dernier pour la motion E de Gérard Collomb et Ségolène Royal, pour la simple raison que c’est la seule qui semblait décidée à mettre un bon coup de pied au derrière salutaire au PS.

Benoit Hamon, qui pourtant était le plus à même de le faire, dont le texte de motion m’est apparu bien pâle, souvent irréaliste, parfois inquiétant de dirigisme, et surtout à aucun moment enclin à remettre en cause les fondements même du capitalisme et du système actuel, ce qui, je me souviens, m’avait surpris de sa part. Cette motion était pourtant celle qu’avait rallié Pierre Larrouturrou, dont j’avais signé la contribution avec Nouvelle Gauche. Ce choix m’avait apparu un peu étrange, et les conditions dans lesquelles cette alliance s’était conclue étaient trop confuses pour être cohérentes. Philippe Vasseur, fidèle de Larrouturrou, avait regretté ce choix et avait pris ses distances.

Bertrand Delanoë a eu pendant longtemps mes faveurs, jusqu’au jour où il a eu le malheur de dire qu’il se sentait solidaire du bilan de François Hollande, et qu’il s’est entouré des J-M Ayrault, voire des Jospin-Rocard et cie. Il sait parler aux jeunes, le Bertrand…Très peu pour moi. Alors bien sûr, sur le bilan de François Hollande, on me rétorquera les formidables victoires en 2004 et 2008, la domination de la gauche dans les collectivités, du jamais vu dans l’histoire du parti, etc. etc. Il n’y a guère plus que quelques enfants de chœur du PS, qui, avec la bonne foi naïve du charbonnier, pensent encore sérieusement que le PS a gagné les régionales, les européennes et les municipales (et la moitié des législatives de 2007 !) grâce aux formidables idées socialistes, à la cohérence et la force de son programme…et tant qu’on y est, au projet de société qu’il offre à la société française.

Quant à Martine Aubry, le contenu de sa motion était très bon et portait au moins un vrai projet. Néanmoins, quelques relents de technocratie faisaient tâche par ci-par là, et la constitution de son alliance avec divers Fabiusiens et anciens amis de DSK, notamment au détriment de Moscovici, sentait trop la politique politicienne.

 Restait la motion Collomb-Royal. Un texte de grande qualité, audacieux, novateur, et, n’en déplaise à certains, vraiment de gauche. Certains passage étaient mots pour mots les mêmes que dans la motion Changer la gauche pour changer
la France de M.Aubry, ce qui avait suscité chez moi plus de regrets que d’amusement, au fond.
J’ai surtout apprécié de voir autour de Ségolène Royal des élus dynamiques, proches de leur tissus local, et surtout…jeunes. Najat Belkacem, Malek Boutih, Manuel Valls, Vincent Peillon, Julien Dray…Cette génération qui est depuis trop longtemps montante méritait d’être propulsée vers le devant de la scène. C’est aussi ce qui a motivé mon vote pour la motion E.  Alors certes, voir Ségolène devenir premier secrétaire ne me ferait plaisir qu’à moitié, parce que ce serait alors, plus ou moins, un changement dans la continuité. Et puis les risques d’implosion du Parti seraient, je le sais, très forts. A contrario, une alliance « Tout sauf Ségolène » ne laisserait pas le PS particulièrement grandi du congrès de Reims et aurait, lui aussi, des conséquences désastreuses.  

J’ai été déçu d’apprendre hier que Vincent Peillon, qui a toute mon estime et mon admiration, ne serait pas candidat. Maintenant toutes les options sont ouvertes et je réserve ma position, bien entendu. Cependant une chose est sûre : PAS DE SYNTHESE BIEN CONVENUE, PAS DE CONSENSUS MOU, PAS DE FAUX SEMBLANTS, PAS DE REGLEMENTS DE COMPTE PERSONNELS.  Bertrand, Martine, Ségolène, Benoît et les autres…je compte sur vous…Les « Guns », non, les « Roses », oui !

Merci patrons !

23 octobre 2008 par mondissima

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 La France est bien un pays de paradoxes. Par exemple : les 500 ménages les plus aisés ont gagné 800 milliards d’euros de plus en 2007 qu’en 2006, tandis que le salaire médian atteint seulement 1450 euros, et que 13% des salariés touchent le SMIC (et encore, si on comptait ceux qui sont un peu au dessus du SMIC).   Les socialistes devraient monter au créneau pour casser cette spirale qui emporte de plus en plus de salariés vers la précarité et les bas salaires payés au lance-pierre. Comment ? Tout d’abord en remettant en cause le système d’allègement de cotisations sociales et patronales pour les salaires situés entre 1 et 1,6 fois le SMIC, car celui-ci encourage indirectement le patronat à maintenir les salariés dans cette tranche de salaire. Et les salariés en subissent les conséquences : pouvoir d’achat qui stagne, démotivation… 

Il faut aussi pouvoir mettre son nez dans cette politique de « découpage » des salaires qui se pratique depuis plusieurs années. On saucissonne en effet le salaire en primes, intéressement, participation etc…ce qui aboutit à des salaires aléatoires. Cette politique va droit dans le sens de la conception du management actuel, où il s’agit plus souvent de fixer des objectifs déconnectés de la réalité que de s’appuyer sur les compétences, l’ancienneté ou l’expérience des salariés. 

 Rejoindre le combat de Génération Précaire 

La lutte quotidienne de l’association Génération Précaire est un bon exemple de ce combat de tous (étudiants, salariés, syndicalistes, avocats…) et de tous les jours contre cette tendance fâcheuse du patronat de jouer la carte du dumping social. On dénombrait 800 000 stagiaires en 2005 contre plus d’un million  en 2007. Là aussi, réglementer les stages plus sévèrement que le fait la loi actuelle est une nécessité pour protéger ces salariés sous considérés et sous payés. Les contingents de stagiaires, mais aussi de chômeurs en contrat du style contrat d’avenir, sont bien trop généreux et permettent à des entreprises de baser une politique de bas coûts uniquement sur l’économie engendrée par l’emploi de ces personnes. Il faut revoir le cadre légal si l’on veut vraiment redonner au travail sa valeur. Quoi de plus tentant pour un patron de prendre au standard une stagiaire payée 400 euros alors qu’une personne en CDI serait payée au moins au SMIC ? Que dire de ces établissements financiers ayant pignon sur rue qui font enchaîner les stages à des jeunes sur le même poste, où qui créent un poste occupé par 4 personnes différentes sur l’année ? Tant que les hommes politiques ne tendront pas la main à ces salariés, on ira vers une démotivation profonde, une impression de déconsidération au travail, vers des conflits durs et vers le développement d’un sentiment de précarité, empêchant les gens de se construire un avenir, d’anticiper leur devenir, leurs vies… 

Il n’est pas logique que la rente prime sur le travail, qu’elle soit moins taxée et qu’elle rapporte plus. Or c’est le chemin qu’a fait prendre le gouvernement à la France. Il n’est ni logique ni moral que le plus sûr moyen pour devenir pauvre dans ce pays, ce soit de travailler.

Repose toi, soeur des pauvres…

22 octobre 2008 par mondissima

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Petite pensée pour une de mes personnalités préférées qui nous quittés cette semaine.  L’athée que je suis salue cette femme de foi, qui a voué sa vie aux autres et, comme elle le disait humblement, à l’amour. Cette femme faisait partie, avec l’Abbé Pierre, des personnes qui me donnaient bien plus envie de croire en Dieu que ce pape de Rome aux costumes bizarres, aux attitudes rétrogrades et au conservatisme agaçant. Je suis spirituellement mal placé pour en juger mais Sœur Emmanuelle était une Sainte, une vraie.  

Alors que la précarité s’érige comme une norme, alors que les plus riches concentrent de plus en plus de richesse (et de pouvoir !) entre leurs mains, tandis que des millions d’enfants n’ont ni nourriture, ni eau potable…le message de Sœur Emmanuelle, quelque soient nos convictions spirituelles, se rappelle à notre mémoire.  Il ne reste guère pour éviter que je ne désespère définitivement de l’Eglise qu’un Mgr Gaillot, muselé par la maison mère et dont le caractère s’efface avec le temps, ou un Guy Gilbert, certes parfois abrupt et rude dans ses manières mais au cœur si pur, au fond. Ce serait oublier aussi ces prêtres et ces sœurs anonymes qui luttent contre la misère en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie… 

Sœur Emmanuelle n’était pas bien épaisse, pas forte en gueule et pourtant elle en imposait, elle en jetait, même. Elle ne sortait pas des grandes écoles mais avait une connaissance du monde et de l’humain comme peu de gens en ont. Elle le devait à son expérience du terrain, à sa proximité avec les gens, qu’il s’agisse de responsables associatifs, de militants, d’élus, d’hommes d’Eglise, de chefs de communautés ou de miséreux. A tous elle parlait avec le même ton, le même tutoiement, et surtout elle leur tenait le même discours.  Que tous ceux que l’injustice de ce monde révulse, qu’ils soient cathos, athées, musulmans, juifs ou autre, s’inspirent de son exemple. La compréhension, l’opiniâtreté, le sens du contact humain et du terrain doivent guider nos convictions. C’est l’action qui paie. Le combat contre l’injustice est à mener dans la rue, dans les pays pauvres, dans les bidonvilles, dans les centres d’hébergement…

« Ah oui, mais là, c’est ton boulot, petit, pas le mien…et puis je ne suis plus là, moi, hein… » aurait répondu Sœur Emmanuelle. 

Quand on lui demandait pourquoi et comment elle tenait depuis des années ce combat, elle répondait simplement « la révolte ». Ces propos sur les effarantes inégalités dans le monde étaient aussi frappées au coin du bon sens, avec des mots si simples.   Repose-toi, Sœur Emmanuelle, le combat contre la misère continue.Puisse ta voix de petite fille murmurer encore longtemps dans nos cœurs ce simple mot : 

Yallah !